Aujourd'hui, il m'est arrivé ce qui ne m'arrive jamais.
Les rencontres du hasard. Un regard qui se croise, tellement de choses dans celui de l'autre que ça coupe un peu le souffle. On imagine que ça n'existe pas dans la vie. Chacun à une table, seul,
sous le soleil tiède d'un premier jour de novembre, chacun un livre dans les mains, chacun un café au bout du bras, presque froid. Il a regardé le titre de mon livre. Il a souri. Il m'a montré le
sien. Et on s'est parlé, on s'est parlé deux heures. On a recommandé un café. Chaud celui-là.
Samuel.
Il faut que le hasard soit sacrément malin, pour faire se rencontrer l'éditeur et la libraire, à une terrasse où je ne vais jamais, un jour où je serais pourtant volontiers restée enfermée chez
moi.
Et je me demande si j'ai le droit de faire ça.
Si j'ai le droit qu'il me plaise.
A cause de G. De notre rupture, vieille d'un petit mois.
Mais il y a son numéro dans mon portable.
L'odeur du cuir de son blouson qui reste dans mes narines.
Et un peu de son sourire.
Et je ne sais pas.
Je ne sais pas.
